Ces dernières années, le risque cyber est en augmentation constante et menace la sécurité des entreprises et de leurs utilisateurs, notamment dans les secteurs sensibles comme la finance ou l’assurance. Si vous ne connaissez pas encore les implications et conséquences du risque cyber, vous devez absolument vous renseigner et mettre en place des pratiques de prévention au sein de votre organisation.
Définition du risque cyber
Le risque cyber est l’atteinte des systèmes informatiques et des données informatisées. Il peut s’agir de données personnelles ou d’entreprise, confidentielles ou publiques. On parle de “risque” car il peut entraîner de graves conséquences : l’usurpation d’identité, la perte d’argent, la dégradation de la réputation d’une entreprise… La prise en compte du risque cyber est indispensable pour assurer la sécurité de l’information. Elle doit impérativement être intégrée à une stratégie de gestion des données personnelles des utilisateurs.
Voir aussi notre article sur l’importance de l’automatisation dans les entreprises pour découvrir comment elle peut améliorer l’efficacité opérationnelle.
D'où vient la menace cyber ?
Le risque cyber peut prendre plusieurs formes. La plus courante est la cyberattaque. Les cyberattaques, ou piratages, ne cessent d’augmenter au fil des années. Elles ne touchent plus que les grands groupes : les petites et moyennes entreprises sont désormais aussi des cibles. En effet, le potentiel de gain financier pour un hacker étant moindre, ce type d’entreprise va sous-estimer le risque cyber, ce qui en fait une cible intéressante pour les pirates.
La cybercriminalité peut avoir diverses motivations :
- Le gain financier (dans plus de 90% des cas). Le vol de données (personnelles, de santé, stratégiques ou bancaires), ensuite revendues sur le Dark Web, est une source financière importante pour les hackers. Les transactions se font en cryptomonnaie pour préserver l’anonymat des cybercriminels. Pour approfondir l’impact des cryptomonnaies dans les activités cybercriminelles, consultez notre article dédié à l’utilisation des cryptomonnaies par les cybercriminels.
- La volonté de nuire (notamment de la part des concurrents).
- Des objectifs politiques ou idéologiques.
Le cyber risque englobe d’autres types de menaces, au-delà de la cyberattaque. Il peut découler d’une erreur humaine ou d’un problème informatique, qui crée une faille de sécurité dans le système.
Pour approfondir votre compréhension des menaces numériques croissantes et des mesures préventives importantes, explorer les données statistiques sur les cyberattaques en France pourrait vous fournir un aperçu détaillé de l’évolution de la cybercriminalité dans le pays en 2024.
Les conséquences d'une cyberattaque
Le cyberrisque a des conséquences importantes pour les organisations. Tout d’abord, il peut engendrer des pertes financières colossales, directes ou indirectes. En effet, un système informatique qui a été piraté sera bloqué pendant quelques temps. L’entreprise met donc à l’arrêt son activité, ce qui occasionne des pertes de revenus. Le coût de la réparation du système (intervention d’une équipe de techniciens, remise en service…), mais aussi le coût des mesures de communication qui s’ensuivent, représentent aussi des pertes financières directes. Parmi les menaces les plus préoccupantes, le Dark Web joue un rôle central dans la diffusion et la monétisation des données volées. Pour mieux saisir son impact sur les institutions financières, découvrez notre analyse dédiée au Dark Web et au secteur bancaire.
Mais il y a aussi les pertes indirectes liées à l’impact du piratage sur la réputation de l’entreprise, notamment dans le secteur de la finance et des assurances, où les données personnelles des utilisateurs sont très délicates. Une fuite de données ou une intrusion dans le système d’information de l’entreprise entraîne irrémédiablement une perte de confiance de la part des clients, mais aussi des partenaires et des fournisseurs.
Pour comprendre en profondeur les conséquences potentielles d’une cyberattaque massive sur les infrastructures essentielles et le secteur financier, consultez notre article dédié. Une évaluation rigoureuse des risques est essentielle pour anticiper et atténuer les effets d’une telle crise. La mise en place de protocoles efficaces, tels que des exercices de simulation de crise en cybersécurité, permet de tester la résilience des infrastructures face à des scénarios extrêmes. De plus, une coopération renforcée entre les différents acteurs du secteur financier est cruciale pour garantir une réponse coordonnée et efficace.
Les enjeux du risque cyber pour les entreprises
Quels sont, alors, les enjeux du risque cyber pour les entreprises ? Quel que soit leur secteur d’activité, mais encore plus dans des domaines à risque comme le secteur financier, les organisations sont légalement tenues de prendre des mesures pour protéger les données personnelles de leurs clients et parties prenantes. Depuis 2018, toute entreprise manipulant des données personnelles doit respecter le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), sous peine de sanctions. Les entreprises doivent donc non seulement sécuriser leurs systèmes d’information, mais aussi se conformer aux exigences des cyberassurances en hausse. Cela signifie qu’elles doivent déployer des stratégies de gestion des risques informatiques pour minimiser les impacts financiers potentiels d’une violation. En outre, la sensibilisation et la formation des employés sur les bonnes pratiques en matière de cybersécurité deviennent indispensables pour protéger les actifs numériques de l’organisation.
La cybersécurité est devenue une problématique importante au sein des entreprises. Quelle que soit la taille de votre entreprise, vous devez absolument mettre en place une stratégie de protection contre le risque cyber. Cette stratégie inclut l’identification et l’analyse du risque cyber, et l’adoption de mesures pour le réduire.
Voici quelques exemples de mesures indispensables à appliquer pour protéger votre entreprise des cyber attaques :
- La sensibilisation des employés au cyberrisque : les employés doivent être formés à l’utilisation raisonnée des données personnelles, et avoir accès uniquement aux données qui sont indispensables dans le cadre de leur travail. Ils doivent également être sensibilisés à reconnaître un logiciel malveillant.
- La mise à jour régulière de votre infrastructure technique, pour limiter les failles de sécurité.
- L’installation d’outils préventifs (pare-feu, scans de sécurité, assurance cyber…).
- La mise en place d’une méthode à suivre en cas d’incident ou de défaillance technique : cette méthode doit être connue de tous les services de l’organisation. Elle doit être éprouvée par des tests, comme la simulation d’une cyberattaque par exemple.
Face à l’évolution constante des menaces, certaines zones géographiques à forte densité économique présentent des vulnérabilités accrues. C’est notamment le cas à Paris, où la gestion des risques cyber dans le secteur financier fait l’objet d’initiatives spécifiques.
Comment quantifier le risque cyber ?
Identifier la menace ne suffit pas : encore faut-il mesurer ce qu’elle représente réellement pour l’organisation. La quantification du risque cyber est une démarche structurée qui s’appuie sur des modèles mathématiques et statistiques pour estimer l’impact financier qu’aurait une cyberattaque sur l’entreprise. Elle transforme un risque souvent perçu de manière abstraite en données chiffrées, directement exploitables pour la prise de décision.
Pourquoi chiffrer le risque cyber ?
La quantification répond à un double objectif. D’une part, l’estimation des coûts qu’engendrerait un piratage permet à l’entreprise d’évaluer sa tolérance au risque et d’en déduire les ressources, financières et humaines, à consacrer à sa sécurité informatique. D’autre part, des mesures chiffrées facilitent le dialogue entre les équipes de cybersécurité et la direction : un risque exprimé en pertes potentielles est plus parlant pour convaincre les dirigeants d’engager des actions concrètes, puis pour démontrer l’efficacité des mesures déployées.
Les méthodes de quantification : l’approche FAIR
Plusieurs modèles de quantification existent, notamment l’approche FAIR (Factor Analysis of Information Risk) et la méthode The Open Group Risk Taxonomy (O-RT). FAIR, mise au point en 2001 par Jack Jones, alors RSSI de Nationwide Insurance, est la plus connue et la plus employée par les organisations. Elle évalue la probabilité d’un risque ainsi que ses impacts potentiels, et exprime chaque impact en pertes financières : une atteinte à la réputation, par exemple, est traduite par l’investissement nécessaire à son rehaussement.
L’approche repose sur l’estimation de plusieurs paramètres :
- Contact frequency : la fréquence à laquelle la menace entre en contact avec le système à protéger ;
- Probability of action : la probabilité que la menace agisse sur le système après contact ;
- Threat capability : les compétences et ressources dont dispose la menace ;
- Resistance strength : la capacité de résistance de l’entreprise face à cette menace.
De ces paramètres sont déduites la vulnérabilité de l’organisation et la fréquence des événements de perte. L’ampleur des pertes est ensuite calculée à partir du coût des pertes directes (primary loss) et indirectes (secondary loss).
Une démarche exigeante, fondée sur des scénarios
La quantification se heurte à des difficultés réelles. Certains impacts, comme l’atteinte à l’image de marque ou la désorganisation interne, sont intangibles et donc difficiles à évaluer. Le risque est en outre propre à chaque entreprise : il dépend de sa taille, de la complexité et de l’ouverture de son système d’information, ou encore des mesures de sécurité déjà déployées. Enfin, les données de référence sur le coût réel des attaques informatiques restent rares.
La démarche suppose donc un travail préparatoire rigoureux. L’entreprise doit d’abord cartographier ses risques cyber pour identifier ses actifs critiques et ses expositions, puis construire des scénarios de menace et retenir les plus significatifs pour l’analyse. Pour structurer cette étape, il est utile de consulter le référentiel des scénarios de risques cyber, qui recense les scénarios les plus courants et leurs points d’entrée. Appliquée à ces scénarios, la quantification mobilise des ressources importantes, mais elle permet d’identifier les risques les plus critiques et d’en estimer précisément les pertes potentielles.

